Lever la main à un conducteur au passage piéton semble anodin, pourtant ce réflexe en dit long sur votre façon d’entrer en contact avec les autres. Que racontent vraiment ces micro-remerciements sur votre personnalité et votre équilibre intérieur ?
Lever la main, hocher la tête, esquisser un sourire en traversant un passage piéton pendant qu’une voiture s’arrête. Pour beaucoup, ce « merci » adressé au conducteur arrive sans même y penser, alors que le Code de la route impose déjà l’arrêt au passage piéton. D’autres, au contraire, traversent sans un geste, concentrés ailleurs ou peu à l’aise avec ce type d’interaction.
Les psychologues estiment que ce réflexe n’est pas seulement une marque de bonne éducation. Pour les spécialistes de la psychologie sociale, lever la main pour remercier les conducteurs relève des comportements prosociaux et se relie au trait d’agréabilité du modèle des Big Five, la grande théorie actuelle de la personnalité. Le dictionnaire de Linternaute.com définit d’ailleurs la gratitude comme « un sentiment d’affection éprouvé à l’occasion d’un service rendu ou d’un bienfait ». Ce simple geste dans la rue en serait une version miniature, très révélatrice de la façon dont on perçoit les autres.
Remercier les conducteurs, un réflexe prosocial plus qu’une politesse
Selon le site Purepeople, ce signe de main appartient à toute une famille de petites attentions quotidiennes : tenir une porte, laisser passer quelqu’un, aider à porter une poussette. Ce sont des comportements prosociaux, c’est-à-dire des attitudes qui favorisent des interactions positives, apaisent les échanges et rappellent que l’on partage le même espace. Ce « merci » adressé à l’automobiliste revient à reconnaître son effort et à rappeler que derrière le pare-brise, il y a une personne, pas seulement un véhicule.
Le Greater Good Science Center, un centre de recherche de l’Université de Californie spécialisé dans la gratitude et l’empathie, remarque que certaines personnes ressentent très intensément même les tout petits services rendus par des inconnus. Ralentir pour laisser traverser ou reculer d’un mètre peut susciter chez elles une gratitude réelle, qu’elles ont besoin d’exprimer. Ce remerciement devient alors un retour symbolique, une forme de réciprocité qui réduit la tension de la circulation et encourage les comportements courtois.
Ce que la psychologie de la personnalité lit dans ce geste au passage piéton
Le modèle des Big Five, élaboré par des psychologues de la personnalité comme Paul Costa et Robert McCrae, décrit cinq grands traits : ouverture, conscienciosité, extraversion, agréabilité et stabilité émotionnelle. Remercier spontanément un automobiliste renvoie surtout à l’agréabilité, qui regroupe coopération, empathie, bienveillance et courtoisie, et à la conscience (ou conscienciosité), c’est-à-dire le sens des responsabilités et le respect des règles, écrites ou implicites.
Les personnes qui remercient presque systématiquement les conducteurs combinent souvent ces deux dimensions : elles sont sensibles aux efforts d’autrui et attachées à maintenir un climat respectueux, même quand elles ont la priorité au passage piéton. Elles remarquent les petites attentions, souhaitent les valoriser et se sentent plus à l’aise dans le lien social. Les psychologues rappellent toutefois que ce geste ne constitue pas un test de personnalité à lui seul, mais plutôt un indice parmi d’autres d’une attitude coopérative et attentive.