Une forêt subtropicale sous une lumière rare
Au fond du gouffre règne un microclimat humide et frais qui entretient une forêt subtropicale mature, alors que la lumière solaire n’y parvient qu’en faible quantité.
Les naturalistes y ont recensé plus de 1 200 espèces végétales. Parmi elles figure le ginkgo, fossile vivant dont la lignée traverse les âges depuis l’ère des dinosaures, ainsi que des fougères et des mousses que l’on ne trouve nulle part ailleurs.

Au cœur de l’Amazonie péruvienne, une expédition scientifique a mis au jour une biodiversité aussi riche qu’énigmatique. Certaines créatures défient même encore toute explication…. Lire la suite
La faune n’est pas en reste. Le léopard nébuleux, félin arboricole capable d’ouvrir la mâchoire à cent degrés, fréquente les lieux. Sa présence indique qu’un corridor écologique relie encore le fond du gouffre aux forêts voisines : l’isolement n’y est donc pas total.
Des feuilles à la signature chimique inversée
Une étude parue dans la revue Chinese Journal of Plant Ecology a comparé la composition des végétaux du fond avec celle de leurs cousines de surface. Les feuilles du gouffre stockent davantage d’azote, de
et de calcium, tou en affichant une teneur en carbone réduite.
Cette signature chimique inversée traduit une adaptation à un milieu particulier : pauvre en lumière, mais riche en humus, apporté par les eaux de ruissellement et les chutes de feuilles qui s’accumulent au fond depuis des millénaires.

Plusieurs études tirent la sonnette d’alarme et estiment que la destruction des forêts tropicales pourrait être presque totale dans moins d’une centaine d’années. Mais à l’heure où l’on entrevoit un peu d’espoir dans les initiatives pour sauver les écosystèmes, ce sombre avenir est-il encore évitable ?… Lire la suite
C’est précisément cette singularité que la fréquentation touristique remet aujourd’hui en question. La province autorise désormais les visites encadrées, un escalier de plusieurs milliers de marches ayant été aménagé pour descendre le long des parois. Les biologistes s’en inquiètent : une partie des espèces présentes n’a pas encore été décrite, et la moindre perturbation de cet équilibre pourrait effacer ce que 128 000 ans d’isolement ont façonné.