Entre douleur et antidouleurs, un équilibre incertain
La douleur ne s’installe pas durablement. Elle déferle par vagues, puis recule, laissant derrière elle une fatigue difficile à formuler. Les antalgiques accomplissent leur mission — imparfaitement, mais honnêtement. Ils atténuent sans supprimer, mettent à distance sans vraiment libérer.
Par instants, un souvenir précis remontait — une image nette, un parfum reconnu — avant de se dissoudre dans le brouillard des médicaments. Suspendue entre deux états, entre deux instants. Ni tout à fait présente, ni tout à fait absente.
Ce que personne ne note dans le dossier médical
Deux semaines semblent peu de chose sur un agenda. Mais vécues de l’intérieur, elles représentent un véritable voyage — de la fragilité vers quelque chose qui ressemble timidement à l’espoir. Les médecins évoquent des protocoles, des délais, de la rééducation. Ce qu’aucune ordonnance ne peut quantifier, c’est la reconstruction silencieuse qui s’opère en parallèle : retrouver sa voix, son propre rythme, l’envie de raconter encore.
Parce que guérir, ce n’est pas que cicatriser. C’est aussi se retrouver soi-même.
*Parfois, le courage le plus discret, c’est celui de tenir jusqu’au lendemain matin.*